Fondation O2

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Promotion de la santé | Prévention | Développement durable

Ambassadrice-agente spéciale

Katherine Choong transmet sous forme de commentaires et photos ses impressions sur les pays qu'elle traverse. Deux thématiques par mois sont traitées: une sur l'eau et l'autre sur un thème lié au développement durable, à la prévention ou la promotion de la santé.

   

4ème étape: Etats-Unis, côte ouest



    

Consommation et gaspillage de l’eau: Las Vegas et la Californie bientôt à sec

Avalant les miles sur le bitume brulant du Nevada en direction de Red Rocks, petit paradis américain de l’escalade, nous faisons un crochet par la fabuleuse et extravagante Las Vegas où la démesure de l’argent scintille de toutes ses lumières.


A Sin City (ville du péché) comme elle est surnommée, les écrans géants et les façades de casino qui rivalisent d’originalité nous font vite tourner la tête. Piscines, spectacle de jets d’eau, gondoles promenant les jeunes mariés sur les canaux d’une Venise reconstituée ou pelouses vertes pétantes des nombreux golfs alors qu’un soleil accablant fait régner une sécheresse permanente, rien ne semble étancher la soif de Vegas, cité pourtant sise au milieu de l’impitoyable fournaise du désert dans l’Etat le plus sec des Etats-Unis.



Mais au-delà de l’activité des casinos, une consommation exorbitante se décèle au sein des propriétés individuelles avec une consommation de 996 litres par jour et par personne, c’est-à-dire bien plus que la moyenne américaine qui s’élève pourtant déjà à 370 litres et que les 160 litres consommé par un habitant suisse[1].

Les ¾ de la consommation d’eau de Vegas servent à arroser les greens des terrains de golfs et les pelouses des jardins privés et des parcs publics. Pour lutter contre cette surconsommation d’eau potable, des restrictions et des mesures incitatives ont été établies, tel le programme « dollars contre gazon », par lequel les propriétaires reçoivent 16 dollars par mètre carré de pelouse arrachée. Malgré ces efforts, le lac Mead, pompe à eau de la ville, a baissé de la moitié de son niveau en 10 ans du fait de ponctions croissantes.


[1] http://www.bafu.admin.ch/umwelt/indikatoren/08605/12306/index.html?lang=fr


zone récemment asséchée du lac Mead | GETTY IMAGES/AFP

Mais cette sécheresse ne sévit pas uniquement dans cette ville. La Californie est également en proie depuis quatre ans à une intense sécheresse, menaçant les nappes d'eaux souterraines et l'approvisionnement en eau de cette région. Une sécheresse qualifiée de record historique par son gouverneur qui a réagi en instaurant ce mois-ci un décret contraignant l'Etat à réduire drastiquement sa consommation d'eau de 25% par des mesures coercitives, notamment le remplacement de 4.6 millions de mètres carrés de pelouse par des plantes peu consommatrices d'eau comme le cactus, les agaves ou les plantes succulentes, restreindre drastiquement les possibilités d'arrosage des pelouses et sanctionner les récalcitrants qui persistent à arroser leur pelouse déversant la moitié sur la chaussée, limiter les débits d'eau des robinets et toilettes et enfin instaurer de nouvelle tarification décourageant le gaspillage de l’eau.


Le lac Oroville, 2ème réservoir de la Californie n’occupe plus que 32 % de son volume initial. | GETTY IMAGES/AFP


Le lac Oroville, 2ème réservoir de la Californie n’occupe plus que 32 % de son volume initial. | GETTY IMAGES/AFP

Si Los Angeles risque de  voir des pelouses grillées se multiplier suite à ces mesures, les répercussions sur l'agriculture qui représente 80% de la consommation d'eau en Californie sont bien plus sévères. Sujet sensible étant donné les milliards de dollars de revenus agricoles et les milliers d'emplois en jeu dans ce secteur, l’allocation des ressources s’est vue drastiquement diminuer et nombreux fermiers sont contraints de mettre en jachère des dizaines d’hectares de leur exploitation. Si diverses mesures incitatives prises en 2014 n’avaient pas eu l’effet escompté, on ne peut qu’espérer par ce nouveau décret et cette police de l’eau plus sévère, une amélioration de la gestion de l’eau et une diminution du gaspillage.

Sources:

http://www.dombosco.fr/article-las-vegas-bientot-a-sec-124030033.html

https://d6ameriscape.wordpress.com/2013/04/24/gestion-de-leau-le-cas-las-vegas/

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/04/30/la-guerre-de-l-eau-a-eclate-en-californie-apres-trois-annees-de-secheresse_4409567_3244.html

http://www.lemonde.fr/planete/visuel/2014/09/02/dans-l-ouest-americain-les-stigmates-d-une-secheresse-historique_4479862_3244.html

    

Les produits light vous feraient-ils prendre du poids?


Projeté par un vol Tokyo - San Francisco au-dessus du Pacifique, nous mettons pied-à-terre sur le Nouveau Monde où nous attend une fois encore un changement radical de culture, de mœurs et surtout de nourriture! A ce sujet, les Américains ne semblent pas faire dans la dentelle et les premières impressions laissées semblent confirmer les images peu reluisantes de malbouffe qu’on a d'eux Outre-Atlantique. Conséquences de ces mauvaises habitudes alimentaires, une épidémie d’obésité et de diabète rebute le pays depuis une trentaine d’année avec un taux d’obésité de 35% chez les adultes. Les deux tiers de la population est en surpoids ou obèse.

Pour combattre cette maladie qui est un des premiers enjeux de santé publique du pays, diminuer l’apport journalier de sucre en le substituant par des édulcorants comme l’aspartame, semble être à première vue, une innovation miraculeuse.

Cependant, dans cette poursuite aux calories, les boissons et aliments light aident-ils vraiment à perdre du poids? De récentes études et avis de spécialistes répondent par la négative à cette question, dénonçant même des conséquences opposées et des effets néfastes sur la santé d’une consommation répétée d’aspartame.

Au-delà de l'incitation à manger plus (je vais prendre un Coca Cola light, je peux donc me permettre un petit BigMac...), plusieurs études ont démontré que l’impact ne serait pas uniquement psychologique. Une expérience menée par des chercheurs Illinois a comparé la prise de poids de deux groupes de rats, substituant le glucose par des édulcorants (aspartame, saccharine, xylitol) dans les aliments du deuxième groupe de rongeur. Après une certaine période, ils ont constaté que le second groupe avait pris 40% de poids en plus que le premier. L'explication des scientifiques repose sur le fait que l'organisme des rats alimentés aux édulcorants attend les calories et le glucose associés au goût sucré ingurgité et faute de les obtenir, pousse le corps à réclamer ces calories et donc à manger plus et grossir davantage. D’autres études sérieuses corroborent cette hypothèse ajoutant le fait que les édulcorants artificiels embrouillent le métabolisme, le faisant ralentir et brûler moins de calories par jour[1].

Enfin, selon une étude publiée fin 2014 menée sur des rongeurs puis sur des individus par Eran Elinav de l'Institut Weizmann des Sciences à Rehovot (Israël), une consommation répétée d’édulcorants pourrait contribuer à des troubles métaboliques en agissant sur les bactéries dans l'intestin humain[2], relevant une corrélation chez certaines personnes recrutées pour l’expérience, entre des signes de trouble métabolique - tels que l'augmentation du poids ou une intolérance au glucose - et la consommation d'édulcorants artificiels.

Les études menées sur le sujet ont démontré chez les animaux un lien direct entre une grande consommation d’édulcorants et les problèmes spécifiques énoncés précédemment. Cependant, chez l'humain, si les résultats des recherches semblent aller dans la même direction, on ne voit encore que des corrélations et pas de cause spécifique. Yolanda Sanz, nutritionniste et vice-présidente de l’European Food Safety Authority (EFSA), répond notamment à la dernière étude faite en Israël qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives, les troubles métaboliques ayant de nombreuses causes. Il n'est donc pas encore question de bannir complètement les produits light de son alimentation mais bien plutôt d'avoir conscience qu'ils ne sont pas la solution miracle et d'en consommer avec grande modération tout comme les aliments et les sodas classiques.  

Sources:

http://ajcn.nutrition.org/content/early/2013/01/30/ajcn.112.050997

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=A+Role+for+Sweet+Taste%3A+Calorie+Predictive+Relations+in+Energy+Regulation

http://www.huffingtonpost.com/dr-mark-hyman/diet-soda-health_b_2698494.html


[1] http://www.andeal.org/worksheet.cfm?worksheet_id=255377&auth=1

[2] Nature, J. Suez et al.http://www.nature.com/nature/journal/v514/n7521/full/nature13793.html