Fondation O2

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Promotion de la santé | Prévention | Développement durable

Ambassadrice-agente spéciale

Katherine Choong transmet sous forme de commentaires et photos ses impressions sur les pays qu'elle traverse. Deux thématiques par mois sont traitées: une sur l'eau et l'autre sur un thème lié au développement durable, à la prévention ou la promotion de la santé.

   

3ème étape: Japon


    

Les onsens : l’eau comme source de détente

Le mot japonais onsen désigne les sources naturelles d’eau chaude riche en minéraux et réputées pour ses bienfaits sur la santé. Depuis des centaines d’années, le peuple japonais profite des propriétés thérapeutiques de ces sources qui jaillissent dans tous les recoins de l’archipel, en raison de la nature volcanique du sol. Situés en pleine ville, chacun peut s’y rendre en semaine après le travail pour une petite demi-heure de baignade. Cependant, les bains les plus appréciés se trouvent dans les paysages préservés, au cœur des montagnes ou à fleur de mer, construits en matériaux naturels tels le bois et la pierre.



En planifiant le Japon dans mon voyage, l’expérience d’un onsen s’imposait inévitablement. Bien que les bains ne soient pas mixtes, l’idée de se balader nu comme un ver devant de parfaits inconnus peut dissuader les plus timides. Cependant, la pudeur n’est pas de rigueur et toute gêne reste au vestiaire.

De plus, des règles d’hygiène rigoureuses sont appliquées à la règle par les clients. Munis d’une brosse, d’un petit linge et de produits de douche, les baigneurs se nettoient tout d’abord vigoureusement sous une douche, pendant de longues minutes, avant de s’immerger dans des bains bouillants à faire fondre un esquimau. Avant tout un centre de détente et de relaxation où l’on passe des heures à se délasser dans une eau gargouillante, l’onsen est également un lieu de rencontre. J’ai remarqué de nombreuses mamies se retrouver pour discuter ainsi que quelques mamans accompagnées de leurs jeunes enfants. En raison de leur proximité et de leur prix très abordable (environ CHF 5.- pour ceux que l’on a testés), nous nous y somme rendus à plusieurs reprises après une longue journée de visite.


Après les bains, certains centres où se trouvent les onsens possèdent des salles aménagées de tatamis[1] sur lesquels il est possible de se reposer un livre à la main, une tasse de thé dans l’autre, piquer un roupillon pour certains, regarder un match de sumo ou des émissions de téléréalité nippones sur un grand écran, ce qui je vous le promets, est un divertissement en soi!


[1] Le revêtement en paille tissée recouvrant le sol dans les maisons traditionnelles japonaises


En conclusion, l’onsen est une belle expérience à inclure absolument dans un séjour au Japon, dont on en ressort rougi et bien ramolli, mais vraiment détendu!


   

La prévention de l’alcool et du tabac au Japon

Partout dans le monde, il est devenu évident de ne pas conduire sous l’influence de l’alcool. Il en est de même au pays du Soleil-Levant, où de tragiques accidents mortels causés par des conducteurs en état d’ivresse ont amené les autorités à réviser et durcir strictement leur réglementation sur la circulation.

A ce jour, question sanction, ça ne rigole pas chez les Japonais! Punissable pour conduite en état d’ivresse dès un taux d’alcoolémie de 0.3 pour mille, le conducteur encourt une amende bien salée s’élevant de 500’000 à 1'000'000 yen (CHF 4’000.- à CHF 8'000.- approximativement), à laquelle peut s’accumuler une peine de 3 à 5 ans de prison, assortie d’un retrait de permis de 6 mois minimum dans tous les cas. Enfin, le passager qui a consenti à ce que le conducteur prenne le volant ne risque pas simplement de devoir mettre la main au portefeuille mais également de se retrouver derrière les barreaux.  

Questionnant mon ami Japonais sur le sujet, Nobusuke m’explique que ce durcissement a considérablement changé l’approche des individus et eu par conséquent un impact concret sur les cas de décès causés par l’alcool au volant. En effet, le nombre d’accidents reportés dans tout le pays impliquant une personne sous l’influence de l’alcool, est descendu en dessous de 6'000 pour l’année 2009, alors qu’il se hissait à 26’000 en 2000[1]! Boire ou conduire, ce mot d’ordre est à présent bien ancré dans la société, tout comme en témoigne mon ami. Etant propriétaire d’un bar situé à l’extérieur de la ville difficilement accessible sans voiture, il en a directement ressenti les conséquences par une importante baisse de sa clientèle, l’obligeant à fermer boutique.

Alors qu’il était encore commun de voir quelqu’un se balader une cigarette à la main sur les trottoirs de la capitale nippone, les temps deviennent également durs pour les fumeurs de cigarettes. En particulier dans les grandes villes, où s’en griller une est devenu illégal non seulement dans les lieux publics, tels les gares et les sites touristiques comme chez nous, mais également dans les rues, l’interdiction pouvant s’étendre à tout un arrondissement. Dans cet environnent sans fumée, ceux qui sont encore accros à la nicotine sont astreints à s’arrêter dans les petites zones signalées à cet effet.


[1] Source : http://allabout.co.jp/gm/gc/9288/


Bien que cette réglementation constitue une contrainte pour les fumeurs qui voient leur liberté personnelle quelque peu restreinte, la cohabitation entre fumeur et non-fumeur semble bien fonctionner. Ces mesures seraient même susceptibles d’influencer la consommation, en tout cas celle des touristes. Mon ami Jim en a fait l’expérience lors de notre passage à Tokyo et Kyoto, car n’ayant pas forcément le temps de s’arrêter ou simplement pas la patience de chercher une zone fumeur, sa consommation en a été conséquemment réduite.


Cependant, bien qu’une forte baisse de la consommation ait été enregistrée en 2014 suite à une augmentation des taxes, l’industrie du tabac peut se rassurer car le Japon est encore loin d’être un pays sans fumée passive. De nombreux restaurants acceptent par exemple encore la cigarette. Nous avons également remarqué qu’à l’inverse de chez nous, la prévention ne se fait pas par des images choquantes de poumons rongés par le tabac sur les paquets. En revanche, en ce qui concerne l’âge légal, il faut avoir atteint ses 20 balais pour s’acheter des cigarettes au magasin, sous le contrôle du vendeur ou aux automates, où la vérification se fait par une carte à puce légitimant l’âge du fumeur.